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La Saint-Blaise

Saint Blaise, patron des laboureurs, était jadis célébré dans bon nombre de villages dombistes. Servas le fêtait le dimanche qui précédait le 3 Février selon un rituel immuable.

 

 

L’année passée, un agriculteur de la commune avait été désigné pour être le maître de la fête et l’organiser. Il devait commander chez le boulanger local un certain nombre de brioches : une partie destinée à être bénie et distribuée pendant la messe, l’autre servie pour le dessert à la fin du banquet qui suivait. L’agriculteur avait la charge d’organiser ce banquet dans l’un des trois restaurants du village. Il devait aussi choisir son croûtonnier, autrement dit le patron de St Blaise de l’année suivante ainsi que recruter six jeunes gens du village et un accordéoniste ! Leur rôle était bien défini : reconstituer, le temps d’une matinée, le travail à la ferme. Deux des jeunes gens étaient déguisés en « bœuf », un autre en mule surnommée « la guigne » et le bouvier, chargé de conduire l’attelage, secondé par le « cara », le tout supervisé par le patron qui était le seul de l’équipe à être habillé en costume-cravate. Les habits des autres protagonistes étaient composés de pantalons rapiécés, blouses et sabots bressans, sans oublier les cloches pour les bœufs et les grelots pour la guigne. Toute cette joyeuse équipe défilait dans le village, le jour dit, et avant la messe, avec la corbeille de brioches, en chantant « l’hymne de la St Blaise », en patois (dialecte bressan !!) accompagnée de l’accordéoniste. 

Pendant les deux jours précédant la fête, le bouvier et le cara sillonnaient les routes de la commune en débordant largement sur les communes de St André sur Vieux Jonc et Lent et se rendaient dans les fermes, dans le but d’annoncer les festivités et surtout de réclamer une petite étrenne afin de financer leur banquet et récolter également quelques saucissons. Car dans chaque ferme, en début d’hiver, on « tuait le cochon » et au moment de St Blaise, les saucissons étaient bons à être mangés !!! 

Après avoir assisté à la messe, toute l’équipe se dirigeait sur la place du village, avec une charrue Dombasle pour montrer leur talent de laboureur mais aussi faire semblant de foncer dans la foule massée sur les trottoirs, courir sur la route nationale (inutile de vous dire qu’il n’y avait pas la circulation actuelle !!). Comme le travail s’annonçait difficile, cause goudron !! le travail était stoppé par le patron qui offrait alors le vin blanc à son équipe, bu comme il se doit dans leur sabot. L’heure du banquet arrivait, et au moment du fromage, l’équipe avait pour mission de recruter le patron de l’année suivante. Il était déjà pressenti d’avance mais il fallait faire comme si, et à force d’être assailli par les trompes du bouvier et du cara, il donnait son acquiescement en offrant le vin vieux à tout l’assistance !!! Puis la journée se terminait par un bal, à la salle des fêtes. 

La clôture de ces festivités se terminait quinze jours plus tard, avec la traditionnelle veillée des saucissons. On mangeait les fameux saucissons récoltés dans les fermes. Et plus il y avait de saucissons, plus il y avait de jeunes invités à participer à la fête. 

Après avoir vécu de nombreuses décennies, la tradition de St Blaise fut annulée à la fin des années 60.

Alain GIRAUD

 

Jeunes paysans singeant la vie à la ferme : 
le patron, le bouvier, le cara, la guina, plus une ou deux paire e boeufs.

 

 

L’aubade des bouviers, en 1950, dans la neige avec Georges BAILLET, 
Georges TEPPE, Paul DAMIANS et André DAMIANS.

 

Voici le souvenir de la Saint Blaise de 1930, 
avec Joseph DIOT pour patron.

 

La Saint-Blaise de 1951 rassemble,
assis : Paul BOUVIER (le bouvier), M et Mme BLANC, M et Mme MOREL, 
Jean-Marie BERNARD (le cara) ; 
debout : X, Lucien GIRARDIER, Roland CENDRE et Aimé PETIT (3 boeufs), 
Michel FIEUJEAN (la guina), Victor PROST (4ème boeuf), 
Jean PROST (le patron) et Jean FORGET à l’Accordéon.

 

 



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